Cartographie de l’autre monde

Cartographie de l’autre monde déambule entre l’espace archaïque de la Transylvanie et l’étrange empire de la jeunesse éternelle créé par l’excentrique Johannes Müller à Aachen, en Allemagne ; entre une agape universitaire à Paris, source d’inquiétantes questions concernant les nouvelles règles de la procréation, et New York, ville où son personnage principal, Armand Carpentier, entend mener à bien un projet révolutionnaire.

Armand est à la recherche d’une science nouvelle dont il est intimement convaincu qu’elle pourrait changer le visage de l’humanité. À Paris, il rencontre Amalia, une jeune femme porteuse d’une géographie inédite. Les évènements s’enchaînent selon des principes apparemment incompréhensibles, qui suivent pourtant une logique infaillible – la logique d’un « autre monde » qui se déploie entre l’élégance de scénarios pour la mort et les formules avant-gardistes de prolongation de la jeunesse. Telle est l’histoire de l’institut de gériatrie de Johannes Müller, un Allemand ayant conçu les bases d’un tourisme d’initiation à la mort. Il en est de même de l’institut de rajeunissement « Ana Aman », dont la fondatrice fut une femme exemplaire ayant consacré sa vie à la lutte contre l’obsession maladive d’Elena Ceausescu et de son fou de mari, les deux despotes communistes, pour la jeunesse éternelle. Le périple de deux jeunes gens les conduit finalement sur un chemin sans issue et leur aventure prend la direction d’une séparation.

Suite à la décision de l’homme de la quitter pour se consacrer à ses projets extravagants, Amalia lève l’ancre, direction Montréal et coupe les ponts avec Armand. Après un long silence, elle tombe sur ses messages, dans lesquels il lui dévoile la vision terrifiante de cette « merveille de la science moderne » pour laquelle il avait tout sacrifié. C’est alors qu’Amalia ressent la prémonition d’un tout autre monde à venir. On peut alors se demander si la cartographie secrète de nos mondes intérieurs pouvait influencer le monde extérieur ? Ou serait-ce plutôt la géographie de l’ailleurs qui secoue et parfois démolit les balises de notre identité qu’on croyait impénétrables ?